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Relations presse en 2026 : pourquoi la plupart des marques ne sont plus lues

  • Photo du rédacteur: Julien Pitassi
    Julien Pitassi
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Les marques n’ont jamais autant communiqué. Et pourtant, il n’a jamais été aussi difficile d’exister dans les médias. Chaque jour, les rédactions reçoivent des dizaines, parfois des centaines, de sollicitations. Communiqués, annonces, prises de parole : le flux est continu. Mais ce flux ne crée plus de visibilité, il crée du tri. Dans cet environnement, une réalité s’impose. La question n’est plus de savoir comment être diffusé mais pourquoi être retenu ? Les relations presse ne disparaissent pas, elles (re)deviennent sélectives.


La plupart des communiqués ne sont pas refusés. Ils ne sont pas lus.


Le modèle historique des RP reposait sur une mécanique simple : structurer une information, la diffuser, générer des retombées. Ce modèle existe encore mais il s’essouffle.


Aujourd’hui, une grande partie des communiqués envoyés n’échouent pas parce qu’ils sont mauvais. Ils échouent parce qu’ils n’entrent dans aucune logique éditoriale. Dans la réalité, le premier filtre n’est plus la qualité mais l’attention disponible.


Et cette attention est devenue rare.


Dans la plupart des diagnostics que nous réalisons pour nos clients, le constat est sans appel : des messages correctement construits, parfois pertinents mais finalement invisibles. Non pas parce qu’ils sont rejetés mais parce qu’ils ne créent aucun réflexe de lecture.


Concrètement, cela change tout : la diffusion n’est plus un levier, elle est devenue une commodité. Ce qui fait la différence, ce n’est plus d’envoyer, c’est de donner une raison d’ouvrir.


Un bon sujet n’est pas une information. C’est une lecture.


Ce que recherchent aujourd’hui les journalistes est souvent mal compris. Ils ne cherchent pas une information de plus, ils cherchent une manière de traiter un sujet. Autrement dit : une lecture, un axe.


Un bon angle ne consiste pas à annoncer quelque chose mais il consiste à rendre ce quelque chose intéressant pour un lecteur donné, dans un média donné, à un moment donné.


C’est une nuance, certes, mais elle est déterminante.


Dans les faits, cela implique un changement profond de posture. Arrêter de penser en termes de message et commencer à penser en termes de sujet. Dans la pratique, on observe très clairement une chose : les sujets qui émergent ne sont pas les plus visibles, ce sont les plus justes.


Ceux qui :


  • s’inscrivent dans une ligne éditoriale existante

  • répondent à une attente implicite

  • apportent un angle, pas seulement une information


Concrètement, cela implique :


  • renoncer aux discours auto-centrés

  • formuler un point de vue clair

  • accepter de réduire pour mieux cibler


La question n’est donc plus qu’avons-nous à dire ? Mais pourquoi quelqu’un aurait-il envie d’en parler ?


Les RP seules ne suffisent plus (et c’est une bonne nouvelle).


Autre évolution majeure : les RP ne sont plus un levier autonome.


Pendant longtemps, une couverture média pouvait suffire à créer de la visibilité. Aujourd’hui, elle devient un point de départ. Un sujet ne vit plus uniquement dans un article, il circule, se transforme, se prolonge. Dans la réalité, les dynamiques de visibilité reposent désormais sur une combinaison :


  • traitement éditorial

  • amplification digitale

  • relais par des profils ou des communautés


Et c’est précisément là que beaucoup de stratégies montrent leurs limites. Parce qu’elles continuent de penser en silos :


  • RP d’un côté

  • social de l’autre

  • influence à part


Alors que ce qui fonctionne aujourd’hui repose sur une logique inverse, à savoir, une orchestration dès l’origine. Un sujet pensé pour :


  • intéresser un journaliste

  • exister sur les réseaux

  • être repris, commenté, prolongé


Les RP ne disparaissent pas dans cet ensemble. Elles y gagnent un rôle plus exigeant mais aussi plus stratégique.


Conclusion.


Les relations presse n’ont pas perdu de valeur. Elles ont perdu leur facilité. Dans un environnement saturé, la visibilité ne se décrète plus mais se mérite. Les marques qui continueront à diffuser resteront présentes mais elles deviendront de plus en plus silencieuses.


Celles qui comprendront comment formuler un point de vue, construire un sujet et s’inscrire dans une logique éditoriale deviendront légitimes. Et aujourd’hui, la différence ne se fait plus sur la capacité à être vu. Elle se fait sur la capacité à être repris.


Julien Pitassi.

 
 
 

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